effectifs supplémentaires, oui, mais pour quoi faire?

Les grèves sont toujours, je dis bien toujours, focalisées sur le manque d’effectif. Je vous renvoie aux revendications des agents marseillais qui font écho à celles des niçois, il y a tout juste un an.

N’avez-vous pas remarqué qu’après chaque grève, ces braves syndicalistes cheminots se vantent d’avoir lutté à bon escient et d’avoir obtenu des embauches, preuve que les désagréments subis par les usagers n’étaient pas vains !

Dans le même temps le nombre de train n’augmente jamais après une grève, je dis bien jamais !

Alors se pose la question : on en fait quoi de ces effectifs supplémentaires dont l’obtention a exigé une mobilisation féroce des agents et causé autant de soucis à l’usager sans lui apporter la moindre amélioration du service rendu ?

  • de la promotion interne ? embaucher des petits nouveaux pour  retirer du terrain des agents et les mettre dans des bureaux où ils seront à l’abri des usagers et fourniront un encadrement (ou un encombrement ?) de plus à ceux qui ont été embauchés pour assurer le service à leur place ?
  • quelques décharges syndicales de plus ? c’est bien là semble t il que résident les plus gros besoins, il en manque tant encore à la SNCF !

Moi avec mon insondable mauvaise foi, j’imagine un autre début d’explication.

Je le reconnais, vous, cheminots particulièrement sur nos vieux TER, vous êtes des travailleurs pendulaires, actifs en va et vient incessants, toujours entre deux mêmes rails comme deux mêmes jambes, face aux mêmes paysages, toujours les mêmes gorges, les mêmes monts, les mêmes mamelons, les mêmes yeux comme autant de signaux, …  ! le rythme ferroviaire devient cadencement et ce cadencement prend des allures de devoir répétitif et monotone comme une liaison torride et passionnelle qui tournerait au devoir conjugal, que dis je ! à la corvée conjugale !  et vice versa…

Cette débauche de mouvements, en va et vient, d’arrêts, de départs, des « j’entre en gare », des « je sors de gare », sans parler des arrêts en pleine voie qui cassent le rythme … tout cela pendant des heures dans la plus grande monotonie. Le surmenage frappe…

Je peux comprendre que vous rentriez à la maison éreinté, « vidé « :

  • Et si le cheminot, homme de fer en journée, devenait un homme de terre une fois à la  maison, et sa  cheminote, une Perette sans illusions?
  • Et si le service du fer desservait celui de la chair ?
  • Et si trop de fer en journée tuait l’envie de faire en soirée ?
  • Et si le candencement tuait les élancements ?
  • Et si vos épouses étaient un peu peinées devant cette impossibilité de réutiliser leur agent arrivé tardivement ?
  • Et si le manque de personnel jeune et fringuant était tout simplement une attente de vos dames… fatiguées d’entendre que « le coup initialement prévu pour le jeudi serait délivré avec un retard de trois jours » ?
  • Et si vos épouses en avaient marre de la dégradation des conditions de transport ?
  • Et si les excuses pour la gène occasionnée ne leur suffisaient plus?
  • si le problème récurrent n°1 de la SNCF était là, si, les agents n’assuraient plus le soir venu et si leurs dames en avaient marre?

Je comprendrais que les syndicats répugnent à réclamer à grand coup de grève des embauches d’« Agents d’entretien des épouses de cheminot » et préfèrent se cacher derrière une dialectique de la défense du service public.

Et puis de telles embauches soulèveraient plein de questions :

  • Quelle appellation dans le statut ? chauffeurs, refroidisseurs,  détendeurs, …
  • Quel plan de carrière ? débuter par les femmes de contrôleur, puis celles des agents de conduite, … pour monter jusqu’où ? la femme du patron, juste avant la retraite? Mais si on fait à l’ancienneté, les femmes des plus haut gradés se verraient attribuer les agents d’entretien les plus vieux et décrépis …
  • Quel âge pour la retraite ? la SNCF est la championne des carrières courtes et c’est pas là qu’elle remonterait ses stats  …
  • Et top du top : il se passe quoi le jour où ils font grève pour cause de manque d’effectif, parce que ces dames leur imposent un cadencement infernal, etc …

Non, non, il y d’autres solutions que la sempiternelle augmentation des effectifs. .

La SNCF pourrait organiser des formations spécifiques aux épouses, strip tease, cuisine aphrodisiaque, pratiques sexuelles avancées, bref leur donner les moyens de combler le manque de fer du soir consécutif à un abus de fer en journée.

Une autre solution serait de les aider à s’organiser entre elles, dans une espèce d’intersyndicale de la débrouille. Elles pourraient se cotiser pour embaucher des suppléants ou même se dépanner entre elles.

J’ai encore une autre proposition : nous usagers sommes bien sûr prêts à mettre la main à la patte, enfin la main à la patte, façon de parler !

Dites le ! Nous sommes prêts à vous aider. Non que nous nous croyions capable de manœuvrer votre loco mais votre épouse, on devrait y arriver …  à moins que vous l’ayez jusque là conduite comme une draisine sur une voie de garage, je suis sûr que le mal(e)  est récupérable.

que ne ferions nous pas pour avoir nos TER, enfin envoyez les photos d’abord !!!

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Un commentaire pour effectifs supplémentaires, oui, mais pour quoi faire?

  1. lulu dit :

    T’es vraiment bon. les cheminotes doivent être heureuses.

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