SNCF = Société des Navetteurs Cocus et Fidèles (ou Ficelés)

Si tu lis ce blog, tu es vraisemblablement un navetteur, du nom de ces voyageurs qui font dodo – boulot – dodo – boulot, inlassablement et à l’infini.

Dès lors tu es irrémédiablement « marié » à cette garce de SNCF, pour le pire et pour longtemps tels ces malheureux résignés devant des épouses mégères, qui les éreintent à la moindre occasion, étalent leur infidélité aux yeux de tous, acharnées à les punir de leur avoir dit oui, invoquent des migraines diplomatiques pour un oui un non mais tombent en pamoison devant je ne sais quel beignet frit hollywoodien à la tonsure grisonnante et bien mise, j’en passe et des meilleures. (myso, macho, etc … J’assume. Il est vrai que j’aurai pu faire avec la même facilité le parallèle inverse avec une épouse malheureuse, victime d’un homme glandeur, poivrot, joueur … Il se trouve que, au grand dam, des défenseurs de l’égalité homme femme, on dit LA SNCF.)

Faut bien le reconnaître, nous, les navetteurs, sommes les maris cocus de cette garce de SNCF qui nous préfère les passagers du TGV. Ils ne brillent pas pourtant par leur attachement. Eux, qui régulièrement trompent la SNCF et « vont voir ailleurs » avec AIR France, EASY JET et d’autres, ils font l’objet d’attentions répétées, trains propres, à l’heure le plus souvent, peu de grèves, modernes, … il y aurait là matière à réflexion sur le bon côté de la concurrence.

Les VGV, voyageurs grande vitesse, sont, c’est sûr, plus glamours que nous, navetteurs, avec nos cartables, nos cabas, nos sacs à dos, … le TGV accueille des malles de voyages, parfois griffées de grande marque, des chiens chiens à leur mémére , des stars de la télé ou de la politique, des voyageurs du monde entier venus essayés cette merveille de la technologie française … des couples d’amoureux légitimes ou pas, jeunes ou pas, frais ou pas, … mais eux sont en voyage ou en déplacement professionnel, quand nous sommes en trajet domicile travail !

À eux le départ en vacances avec skis ou maillots selon les saisons, à nous le trajet vers le bureau avec au mieux à la clef un mauvais café de machine à sous.

À eux l’escapade amoureuse vers un week end crapuleux avec une maîtresse apprêtée pour l’occasion, à nous la collègue de travail fatiguée par le rallye matinal maison – école – bureau et déjà de mauvais poil !

Ils sont bronzés et détendus au retour, nous, les navetteurs, avons les traits tirés de ne l’avoir pas fait …

Dans le TGV tu trouves des magazines en papier glacé, étrangers bien souvent, remplis de photos superbes, dans le TER tu trouves le 20 mn ou Métro, les grands jours, il y a un Voici. Une fois j’ai même trouvé un Gala, une autre fois une collection de vieux numéros de « Femmes Actuelles » qui ne l’étaient plus, actuelles !

C’est sûr « ça le fait pas ! » comme dirait les jeunes, alors cette harpie de SNCF nous néglige, nous martyrise. Cette moins que rien nous laisse encore rouler dans des PROUTS innommables, le wagon de première, quand il existe, est aussi pourri que celui de seconde, le ménage est fait avec la même ponctualité que les arrêts en gare, tout branle, le haut parleur grésille, parfois même en dehors des annonces du contrôleur, le chauffage ne marche pas en dessous d’une certaine température (si, si, j’ai bien dit en dessous d’une certaine température !) … je pourrais aussi vous parler des chiots, il y a de quoi couper les appétits les plus solides mais on s’en fout, dans le TER, y a rien à bouffer !

À la SNCF, le VGV on le transporte « parce qu’il le vaut bien », le navetteur, on le trimballe « parce qu’il le faut bien » ! et c’est toute la différence qui nous vaut ces traitements de défaveur.

C’est bien là tout le problème, la femme de sa vie, on l’a choisie ou elle nous a choisi pour sa cuisine, pour notre humour, pour beaucoup plus normalement, la SNCF non ! personne n’a eu le choix ni nous, ni elle !

Elle nous transporte comme ces filles qui acceptent le mari choisi par leur famille, au nom de je ne sais quelle tradition, pour agrandir la propriété ou que sais je encore. C’est sûr, le devoir conjugal s’en ressent. La SNCF nous considère de même. Pas étonnant qu’elle nous mette dans des bétaillères, qu’elle nous emmène quand elle n’a pas la migraine, qu’elle passe à l’heure qui l’arrange et qu’elle se vautre avec le premier VGV venu, pour oublier que le service public lui impose notre triste intimité quotidienne de navetteurs.

Ainsi même en ayant passé depuis longtemps l’âge de jouer les amoureux transis nous nous laissons encore souvent surprendre dans le rôle de l’amoureux éconduit voire carrément bafoué ! Bien sûr, nous n’avons pas le choix d’emprunter une autre compagnie de chemin de fer et nous le savons parfaitement, elle en profite honteusement, elle est Salope, Négligeante, Capricieuse, Fainéante.

Mais nous navetteurs, nous lui restons fidèles jour après jour, nous nous sommes attachés, habitués, résignés, … et le pire c’est qu’on finit par avoir l’impression de l’avoir mérité !

Nous sommes bien la Société des Navetteurs Cocus et Fidèles.

On est cocu mais on est fidèle alors, pourquoi changerait elle ?

On est cocu mais on continue, et puis comment se passer d’elle ?

Publicités
Cet article, publié dans humouristique, polémiques, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s