En vers et contrôleur

Avant de s’éclater dans la facilité

pour me faire que du bien en disant que du mal

pour un oui pour un rien, de ces gens, fille ou mâle

dont la majorité ne font que leur métier

 

voici en pirouette, les heurs et les malheurs

de l’homme dont l’horizon se limite à son train

pour qui perturbation égale gros pétrin

avec ou sans casquette, je parle du contrôleur

 

il est comme un seigneur toujours au premier rang

pour bien voir et savoir qu’on le prend pour un gland

autant de désespoir qu’un petit cheval blanc

pour le pauv’ contrôleur qui toujours a du cran

 

il fait face tout seul à tous ces passagers

tout cools ou énervés, pauvres ou très friqués

tout puants ou soignés, ignares ou éduqués

il est le vrai le seul qui connaît l’usager

 

il fait face tout seul à tous ces passagers

en vacances ou pas, français ou étrangers

jolies filles ou gros tas, tout blancs ou mitigés

il est le vrai le seul qui connaît l’usager

 

il fait face tout seul à tous ces passagers

gentiment endormis, pendus au téléphones

mauvaises ou grandes pies, fausses putes ou vraies nonnes

il est le vrai le seul qui connaît l’usager

 

il fait face tout seul à tous ces passagers

les cons vieux, jeunes ou gros, maritimes ou terriens

celui qui se croit beau, le laid qui n’en sait rien

il est le vrai le seul qui connaît l’usager

 

sans cesse confronté à cette humanité

il démine à grand mal ses mécontentements

qui parfois sont dits mal, fort et brutalement

lui il sait s’adapter, pas ses pots à côté

 

quand le bazar déraille, que tout va de travers

il prend tout, tout le temps car on l’a sous la main

alors que très souvent, c’est la faute aux copains

ceux là sont loin des rails et se foutent du fer

 

il subit de plein fouet le « s’en foutre » des copains

qui arrêtent le travail pour un oui pour un non

se conduisent en racaille, nous prennent pour des cons

sauf bien sûr si il est lui aussi dans leur bain

 

sa chemise peut être mais sa vie n’est pas rose

voyageurs sans ticket mais avec bonnes excuses

la machine à billet qui était out of use

le serveur internet qui en avait sa dose

 

il entend poliment des histoires de fou

qu’un cancre hésiterait à dire au professeur

même un gros même un vrai auprès du radiateur

il devrait sûrement mais ne dort pas débout

 

le titre de transport n’est pas toujours valide

passager première classe mais billet de seconde

« il n’y a pas de place il y a trop de monde »

et en plus il a tort, nous dit l’éphéméride

 

l’injustice est immense, il a le mauvais rôle

mais toujours rend service en toutes occasions

informe des sévices et de leurs solutions

va et vient en tous sens et parfois c’est pas drôle

 

à la fois défenseur et le bouc émissaire

la première victime du bordel ferroviaire

retards et incidents sont pour lui un calvaire

avec ses voyageurs, piégé et solidaire

 

sur les quais, dans les trains personne n’est meilleur

en direct marketing, en relation client,

il ne fait pas bling bling mais utile et pourtant

son avis sur demain ne compte que pour beurre

 

il y a plein de chef et plus de syndiqués

qui n’ont à faire à ni rame ni voyageur

ils ont lutté pour ça, servir ils en ont peur

à la S N C F, tu bosses t’es un laquais

 

ils ont bien étudié ou fait toutes les grèves

réussi les concours, obtenu la décharge

syndicale pour toujours, hiérarchique et sans charge

à quoi bon écouter ceux qui savent et leur sève

 

mais je suis un goujat, je ne dis que des « il »

alors que dans leurs rangs se comptent plein de « elle »

et faut plus que du sang quand on est une donzelle

pour affronter les rats qui les mettent en péril

 

c’est fou de voir comment de pseudo gentleman

peuvent se transformer en parfaits va nus pieds

quand une dame essaie de faire autorité

voir mon ticket, comment ? mais que c’est insultant !

 

qu’une femme se permette de pointer mes billets

en seconde me virer quand je suis en première

et me verbaliser c’est le monde à l’envers

c’est très dur pour la bête pas pour l’humanité

 

elles donnent au fer de leur féminité

au risque de paraître, très macho ou vieux jeu

il faut bien reconnaître c’est encore bien peu

pour elles seules faut des vers en grande quantité

 

trêve de boniments, pour les braves contrôleurs

dont les pires éléments méritent le déshonneur

de subir mille tourments, cent terribles douleurs

à leur tour maintenant d’entrer dans la lueur  

 

signé: foudutrain, abonné du TER SCNF en PACA

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Un commentaire pour En vers et contrôleur

  1. midiminui dit :

    bonjour je viens de lire avec attentions les mssges de ce blog
    je sus controleur sncf a toulouse
    je viens regulierement sur marseille nice..
    j’avoue avoir ete decu au debut de ma lecture puis en prenant le tenps de vs lire.. ca a ete mieux (au debut je me suis dit allez encore qqn qui vient casser du cheminot) toutefois ne faites pas non plus de l’anti syndicalisme primaire.
    je ne suis plus syndique…. mais je crois tjrs a la necessite des syndicats mais selon moi afin d’eviter guerres et surencheres entre symdicats il ne devrait y avoir qu un seul syndicat par branche d’activite.
    bon courage pour vos trajets… malgre les trains pourris (pas tous) et aussi les individus plus qu’indelicats.. presents ds les trains de cette region…

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