le CSP

Mais avec le mobile ferroviaire j’en ai autant pour les mecs. Je peux vous parler du CSP, le Cadre Supérieur Parisien qui descend pour le week end chez les gueux et finit sa semaine de travail pendu à son mobile. Je vais vous parler d’un Monsieur, bien sur lui, sûr de sa proche soixantaine. Il est accompagné d’un collègue de dix ans son aîné et en retraite donc, assis tranquille et désoeuvré, concentré sur le paysage, préoccupé par la route à faire au sortir de la gare des Arcs leur terminus, des copains qui vont venir les chercher, de la soirée qui s’annonce et du week end qui la suit. Mais lui le Monsieur important et importun est scotché à son mobile et parle avec un interlocuteur lointain d’une réunion importante à laquelle il n’a fait qu’un tour histoire de montrer à un subordonné qu’il ne voulait pas interférer mais qu’il était là en cas de besoin, des coups de fils qu’il a donné pour débloquer une situation en passe de tourner au litige, des accords qu’il a décroché et du fait que leurs partenaires, en phase de transmutation vers l’adversité avait été très compréhensif et avait accordé beaucoup qu’il faudrait leur être reconnaissant. Bref tout est fait pour qu’à l’autre bout du fil on se félicite de cet accord qu’il a arraché par son brio, son intelligence, son sens inné de la négociation tout ce qui fait de lui un garçon incontournable. Impossible de savoir de quoi il s’agit à part que nous tournons autour d’affrètement, de matières premières, de bateau parti pour de longs voyages et on tourne en rond comme le bateau autour du globe et heureusement que le trajet ne fait que cinquante cinq minutes, que le public, même le plus captif, descend entièrement aux Arcs terminus, sinon la succession de coups de fil aurait été aussi longue que la traversée en bateau. Entre deux conversations il commente à son accompagnant le monsieur désoeuvré en retraite. On n’y comprend pas forcément plus, cela nous emmerde certainement pas moins. J’ai connu des conversations interminables dans tous les secteurs économiques possibles et imaginables, le BTP, la finance, les transports, l’évènementiel, …, venues des quatre coins de France et d’Europe, l’agglomération parisienne n’a pas la monopole des couillons ni du mauvais temps et c’est toujours à peu de chose prêt le même cérémonial. il a toujours un accompagnant, à croire qu’il ne peut pas vivre sans , à croire même que c’est l’attribut de la fonction pour lequel il a fait tous ces efforts, un type plus jeune pressé de pouvoir se faire remarquer comme lui, un retraité amusé qui en est revenu avant lui, une jeune et ravissante compagne qui le boit des yeux en attendant d’ailleurs, une épouse distraite et habituée, peu importe il a besoin que le siège d’en face soit occupé pour pouvoir lui commenter la part de la conversation qu’on n’a pu entendre. Le but est de renforcer sa position de « mâle dominant dans le wagon ». c’est le rut du mobile. A se demander si, même quand l’accompagnant est une ravissante jeune femme bouche bée, ouverte à sens unique, le CSP ne prend pas son pied là plus qu’avec la bée. 

 

signé: foudutrain, abonné du TER SCNF en PACA

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